Les défis d'une élection

Les défis d'une élection
Les élections européennes de juin prochain s'annoncent décisives pour l'avenir de l'Union : plus que jamais, il s'agit de définir un cap à tenir pour les vingt-sept pays membres et de convaincre les citoyens de l'importance d'un tel scrutin.
L'ancien ministre de la Diplomatie de Lionel Jospin, Hubert Védrine, a pour l'Union européenne ce commentaire acide : « L'Europe ne sait plus qui elle est, ni ce qu'elle veut ». Tout est dit. Le défi le plus urgent de la Communauté née du Traité de Rome, n'est pas tant la crise économique, mais la nécessité de trouver les finalités de son projet. Quels sont les buts de l'Europe ? A-t-elle vocation de créer un pôle autonome dans la mondialisation ? Est-ce un futur super-État ? Etc.

Le débat entre la conception fédéraliste, qui amènerait à terme les États-Unis d'Europe, et la conception souverainiste, fidèle à l'esprit de l'Europe des nations, fait rage depuis longtemps. Pourtant, ce n'est là que se situe la véritable question. Elle concerne l'identité de l'Europe. L'Europe a-t-elle une identité civilisationnelle ou une identité universelle ? Dans le 1er cas, elle renvoie à des frontières bien définies et à des déterminations, notamment religieuses et culturelles, propres. Dans le 2e cas, il s'agit d'une identité de tous, c'est-à-dire une non-identité. Un concept universel, celui des Droits de l'Homme et de l'humanisme, baigné dans l'idéal de la fin de l'Histoire et de l'humanité devenant une même famille, sinon une foule de consommateurs. Quand on réclame que la Turquie entre dans l'UE, cela signifie que tous les pays sont voués à devenir européens ; on se souvient de la demande d'adhésion du Maroc et de la Tunisie. La tendance actuelle à Bruxelles va dans ce sens : le président de la Commission José Manuel Barroso (ex-révolutionnaire maoïste devenu libéral) est partisan d'une adhésion turque, et pose la question en ce qui concerne l'Ukraine et la Géorgie. Député à Strasbourg, Daniel Cohn-Bendit va même plus loin : il faut « donner une chance à Israël et à la Palestine d'entrer dans l'Europe »... Et il n'est pas le seul à le penser. De l'autre côté de l'Atlantique, beaucoup théorisent un tel ensemble global. La vision stratégique américaine est claire sur ce point : l'appartenance à l'OTAN équivaut à une appartenance à l'Europe. Tous les pays membres de l'UE, y compris les neutres, doivent rejoindre l'OTAN, alors que l'Albanie et les partenaires eurasiatiques de l'organisation comme la Turquie ou pouvant le devenir comme les pays du Caucase et Israël, ont vocation à intégrer l'UE (cela écarte évidemment le projet d'une défense européenne commune, et ne met pas à l'abri de l'ingérence américaine en Europe, comme en Yougoslavie en 1999 ou vis-à-vis de la Russie avec le bouclier anti-missile US).

L'Europe se conçoit aujourd'hui comme une civilisation universelle, elle oublie ce qui la fonde en propre. Alors que les USA, l'Inde, la Russie et la Chine arrivent dans la mondialisation en affirmant leur identité ethnique, culturelle et religieuse, l'UE devrait-elle être la seule construction privée d'Histoire ? Le débat sur les racines chrétiennes de l'Europe dépasse donc largement le conflit entre laïcité et attachement aux valeurs religieuses : il s'agit de la cohérence de l'Europe.

Ce besoin de cohérence n'est pas la priorité du Traité de Lisbonne, énième tentative de constitution rejetée par les Français, les Hollandais et les Irlandais, mais qu'on présente comme le nouvel acte majeur de l'Europe. Ce Traité, il est vrai, instaure une petite révolution: le droit européen prime sur le droit national, la Commission de Bruxelles se place au-dessus des États sur la scène internationale, l'extension des décisions prises à la majorité qualifiée, la charte des droits fondamentaux permet à l'individu de se substituer au citoyen en tant que sujet de droit... Mais il n'y a aucune définition géographique et civilisationnelle, pas plus que de véritable souveraineté au niveau européen.
Alors, ce Traité de Lisbonne, ébauche d'un plan plus vaste ou dernière dérive inacceptable ? Est-ce la revanche de l'élite technocratique vexée par les « non » populaires ou l'occasion d'insuffler un nouveau dynamisme à l'Europe ? La réponse dépend en grande partie de l'électeur européen, qui va élire ses représentants au Parlement de Strasbourg.

Or en France, qu'avons-nous ? Quelles perspectives sont proposées ? La campagne se veut européenne, mais elle dominée par le climat national. L'UMP et le PS verrouillent le débat ; ils affirment tous deux leur foi indéfectible dans une Europe belle et idéaliste, en assurant à qui veut l'entendre : « Il n'y a aucune autre solution ». Les uns se cramponnent à l'unique argument de la présidence française de l'UE, époque bénie, se disent contre l'entrée de la Turquie devant leurs électeurs, mais poursuivent les négociations et accueillent à bras ouverts les observateurs turcs au Parlement ; les autres conçoivent le scrutin comme un référendum contre le pouvoir en place (encore !)...
A côté, nous avons un MoDem, libéral et fédéraliste convaincu, qui n'est que le tremplin de son leader en quête de notoriété. Un parti écologiste ressuscité d'entre les morts par un ex-anarchiste en mal d'ego devenu grand-(rabbin) de la gauche de salon qui évoque à qui veut l'entendre la réussite du « rêve du Rhin », en attendant la réussite moins évidente du « rêve du Bosphore » et du « rêve du Jourdain ». Un épouvantail trotskyste, petit chef d'un parti basé sur la négation, qui a promis de démissionner en cas d'élection, car il ne travaille pas avec des capitalistes ; une Lutte Ouvrière qui ne reconnaît ni les institutions européennes ni les institutions françaises ; un Front National qui égrène son chapelet de prédications d'apocalypse contre la « Tour de Babel » du XXIe siècle.... Entre les adeptes de Schuman, béats d'admiration naïve devant le drapeau étoilé, les nouveaux enragés de la Commune et les derniers survivants d'un chauvinisme familial en décomposition, y a-t-il une seule proposition sérieuse et originale ?

Le célèbre pionnier de la construction européenne Jacques Delors disait : « L'Europe est un despotisme doux et éclairé ». A la veille des élections, il s'agit de le prendre au mot pour renverser cet état de fait et construire une Europe des peuples, pour les peuples, avec les peuples.

# Posté le mercredi 27 mai 2009 15:23

Eléctions européennes: la pataugoire de Bruxelles

Eléctions européennes: la pataugoire de Bruxelles
L'anecdote est de taille. Philippe de Villiers, tête de liste du parti Libertas en France, s'en est pris récemment sur la radio RMC, dans l'émission les Grandes Gueules, à un projet de construction, dans l'enceinte du parlement européen, d'une piscine, avec « échelle pivotante, toboggan et mousse intégrée », le tout pour « 9,6 millions d'euros ». Ce projet a été « voté par le bureau du parlement », s'est scandalisé de Villiers. Bref, au moment où les citoyens européens se serrent la ceinture sous l'effet de la crise, leurs élus s'éclateraient dans des piscines financées par le contribuable...

Une grosse piscine pour riches hollandais et danois, une pataugeoire où trempent des politiciens mouillés jusqu'au coup dans des compromissions technocratiques, un marécage où sont noyés les intérêts des États souverains au profit de l'Union européenne supranationale, voilà l'image que donne l'Europe des 27 aux Français en cette période électorale à l'issue de laquelle les citoyens des pays membres devront élire leurs députés au Parlement européen de Strasbourg.
Selon une étude publiée dans le journal Le Figaro par l'expert Pascal Perrineau, seuls 48 % des Français répondent aujourd'hui que «l'appartenance de la France à l'Union européenne est une bonne chose», contre 74 % en 1987. "L'embellie dure jusqu'au début des années 1990. En effet, en 1992, la fracture du débat autour du référendum sur Maastricht politise et clive la question européenne qui jusqu'alors relevait d'un consensus mou." explique le quotidien, qui poursuit: "L'opinion française se retrouve aux côtés d'opinions de pays traditionnellement plus réticents vis-à-vis des vertus de l'Union et taraudés par l'euroscepticisme et l'europhobie : la Finlande (44 %), la Grèce (47 %), la République tchèque (48 %)..."

Le grand débat qui cristallise en effet toutes les passions en Europe tient en cette interrogation: peut-on et doit-on construire une Europe sociale ? L'Europe politique est déjà en cours: nombre de nos institutions sont déjà transférées à Bruxelles, ce qui a fait dire dans les années 1990 à un jeune politicien aujourd'hui ministre dans le gouvernement actuel: "La France n'est plus qu'une province de l'Empire européen"... Quant à l'Europe économique, le système commun peaufine un long parcours qui a fait l'Union de 2009, et personne à part l'extrême-gauche ne remet en cause cette coopération au-delà des frontières et cette liberté d'entreprendre.
Maintenant, faut-il aller jusqu'au bout de la logique fédéraliste, créer les "États-Unis d'Europe", ou bien s'en tenir à l'Europe des nations, solidaires sur le plan économique mais indépendantes les unes des autres ? La première voie est défendue par l'Allemagne, notamment, et par nombre de personnalités politiques diverses, qui proclament que le destin de ce continent est de fusionner et de créer un grand ensemble, capable de peser sur la scène internationale. La seconde est défendue par le Royaume-Uni et par les tenants du souverainisme, qui préfèrent laisser les États membres libres de leur politique intérieure et extérieure. Le débat fait rage, même si on note que la tendance dominante est nettement en faveur de l'option fédéraliste, en témoignent les récentes tentatives de constitution européenne commune.

Or, l'Union européenne intervenant de plus en plus dans les affaires internes des États, en envoyant ses commissaires vérifier que les directives et quotas communs sont bien respectés, des voix s'élèvent en France contre cette mainmise de la Commission européenne, donnant l'impression d'un îlot coupé des réalités... et des aspirations populaires. Il y a eu récemment l'affaire du Rosé: cet alcool cher aux consommateurs et aux petits producteurs français a été l'objet d'une mesure de Bruxelles qui préconisait son mélange avec du vin rouge et du vin blanc, ce qui a déclenché un tollé.
Mais un autre épisode approfondit le malaise. En juin 2008, l'Irlande a voté "non" au référendum sur le Traité de Lisbonne, énième chance d'établir une constitution européenne après les "non" français et hollandais en 2005. Pourtant, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, soutenu par les fédéralistes et le président français Nicolas Sarkozy, a tout fait depuis ce référendum pour faire revoter les Irlandais ! Motif ? Ils avaient mal voté ! Il fallait que le "oui" passe ! Ce déni de démocratie parfaitement scandaleux a beaucoup choqué, car il donne l'impression aux peuples que ce sont les élites de Bruxelles qui imposent leurs décisions, et ce, en dépit des suffrages populaires. Mr Barroso, soit dit en passant, est un ancien militant maoïste portugais devenu libéral capitaliste et fidèle soutien de George W. Bush, qui a été élu par les deux grands partis du Parlement européen: le PPE (droite) et le PSE (gauche).

En France, l'UMP au pouvoir est membre du PPE, alors que le PS est membre du PSE. Les deux mouvements qui dominent la politique française sont donc directement impliqués dans les affaires européennes. Or, dans ce contexte de crise financière et de défiance vis-à-vis de l'Union, il est gênant de mener une campagne politique active... D'où ce fait: les élections européennes sont peu médiatisées, et ni la droite ni la gauche ne tiennent vraiment à se mettre sur le devant de la scène, ce qui est plutôt surprenant. Il y a bien eu un suspense autour de la constitution des têtes de listes, mais les Français sont restés sur le faim.

L'UMP, tenue d'une main de fer par son secrétaire général Xavier Bertrand, fait une campagne discrète. Le grand parti de droite, qui a renoncé depuis longtemps à son héritage gaulliste, continue de réaffirmer sa foi dans une Europe belle et idéale. Même si les sondages le créditent d'un bon score assuré (entre 25 et 28 % des voix), les responsables savent que tout peut changer très vite. Récemment, la N°2 de la liste en Ile-de-France Rachida Dati, ministre de la Justice en disgrâce et ex-courtisane de Nicolas Sarkozy, a fait preuve d'une ignorance bouffone lors d'un débat sur le fonctionnement des institutions de l'Union.
De son côté, le PS tient son slogan: «Double sanction : contre Barroso et Sarkozy». La leader du parti Martine Aubry a tenu à visiter une usine, pour montrer que la gauche n'oublie pas les classes laborieuses, et accuse l'économie libérale d'être la cause du malheur des Français... Les 27 Partis socialistes européens ont bien élaboré un programme commun aux sonorités marxistes, le Manifesto, ils ont toujours soutenu le sieur Barroso au moment des prises de décisions. Conscients de cette compromission, les Socialistes tentent de retourner le jeu à leur avantage en présentant, une fois de plus, le scrutin comme un référendum "contre Sarkozy".

Deux autres mouvements convoitent les suffrages socialistes: le MoDem de François Bayrou et le Front de Gauche de Jean-Luc Mélanchon. Le premier, partisan d'une Europe fédérale et libérale, séduit les bobos par son teint d'européen convaincu et modéré. Le second, crée de toutes pièces avec ce qu'il reste du PCF par un ex-sénateur PS qui a eu le courage de démissionner, insiste sur la perspective une Europe sociale et débarrassée du capital. D'où cet écartèlement que risque le PS entre sa droite modérée et volontiers centriste, et sa gauche encore sensible au discours prolétaire.
Les Verts, mouvement écologiste minoritaire en France, mais influent dans les autres pays européens, ont réussi l'exploit de surmonter leurs divisions grâce à l'arrivée de Daniel Cohn-Bendit, tout auréolé de son prestige de héros de Mai 68, qui, par son charisme, a imposé l'unité dans le parti. Les Verts mènent une campagne tranquille, assurés de remporter un score honorable.
Le leader d'extrême-gauche Olivier Besancenot se fait discret suite aux récentes violences commises à Strasbourg par des terroristes qui partagent la même idéologie que lui. Il prévoit même de s'offrir un congé à la Guadeloupe parmi les rebelles du LKP pour y fêter le 1er mai... Malgré la démagogie de son discours, il est à craindre que beaucoup de Français ulcérés par la crise n'aient envie de "donner un coup de pied dans la fourmilière" en votant pour le Nouveau Parti Anticapitaliste. De toute façon, Besancenot a décrété que lorsqu'il sera élu, il démissionnerait immédiatement, car il ne refuse de travailler au Parlement avec des "capitalistes".

Quant à l'éternel Front national de Jean-Marie Le Pen, il continue de vitupérer l'Europe sans rien proposer, "Tour de Babel" qui serait selon lui le nouvel ennemi de la France éternelle que défend l'extrême-droite caricaturale de "Papy Le Pen". Ce dernier reste pourtant autour de 5 % des voix et parie même sur un score à deux chiffres. Le vieux leader survit grâce à sa réputation, mais lorsque le FN aura disparu, que devra-t-on inventer pour le remplacer ?

En fait, le plus intéressant de ce scrutin réside dans un pari. Ce pari, c'est celui d'ancrer la France dans le camp souverainiste et organiser à l'échelle de l'Europe entière une gigantesque coalition qui renverserait le pouvoir de Bruxelles. Ce pari, c'est celui d'un homme: Declan Ganley. Ce millionnaire irlandais, catholique pur souche, a travaillé à ce que son pays rejette le Traité de Lisbonne en 2008. Pour cela, il a eu recours à une intense campagne qui a su capter l'attention. Devenu très ami avec Philippe de Villiers, il a crée avec lui un parti européen, Libertas, qui revendique une Europe des nations et souverainiste. Usant d'arguments percutants, Ganley et Villiers sont parvenus à monter une solide campagne, toute en rigueur et en précision, pour ce scrutin qui s'avère décisif. Le leader du parti des Chasseurs, Frédéric Nihous s'est rallié à eux, dans une optique de défendre les terroirs locaux contre les envoyés de Bruxelles.

Un beau challenge en perspective.

# Posté le jeudi 30 avril 2009 14:02

Modifié le samedi 06 juin 2009 08:06

L'Algérie déshonorée

L'Algérie déshonorée
La réélection d'Abdelaziz Bouteflika à la présidence de l'Algérie ne fait qu'entraîner l'ex-colonie française un peu plus dans un processus de dictature, sur fond de crise économique.

Le chef de l'État algérien Abdelaziz Bouteflika, 72 ans, a été réélu vendredi pour un troisième mandat avec 90,24 % des voix.Ses concurrents ont été réduits à faire de la figuration pour une élection tâchée de fraudes.

Cet ancien vétéran de l'insurrection contre les Français pendant la guerre d'indépendance, passé par le "socialisme algérien" de feu le président Boumedienne a été porté au pouvoir par les militaires en 1999.

Alors que l'Algérie se remet mal d'une terrible guerre civile qui a ensanglanté les années 1990 et qui a fait au moins 150.000 morts, Abdelaziz Bouteflika met en place en 2000 une politique de "réconciliation nationale". Cette politique a permis à des milliers d'islamistes coupables des pires atrocités de bénéficier de la générosité du gouvernement.
Pour mieux affermir son pouvoir, le président se lance dans une violente campagne anti-française: il accuse pêle-mêle l'armée française et les Harkis, ces musulmans fidèles à la France pendant la guerre d'avoir perpétré un "génocide" contre le peuple algérien... Certes Bouteflika part de soigner en France dès qu'un cancer met à mal sa grosseur le nouveau sultan d'Alger. Face à la surenchère de l'autocrate algérien, le gouvernement de Jacques Chirac joue la conciliation, car l'Algérie, malgré ses propos insultants envers l'ex-puissance coloniale, accueille 30 000 expatriés français qui travaillent dans le commerce, les entreprises et l'industrie du gaz. Nicolas Sarkozy n'a pas changé d'un pouce la politique de son prédéssesseur: il reçoit Bouteflika à Paris pour le 14 juillet 2008 et signe d'importants contrats avec lui.

L'indulgence (ou la lâcheté) de la France envers Bouteflika permet de dissimuler les man½uvres autocratiques du chef d'un pays gangréné par la corruption. La gestion despotique du régime d'Alger a d'ailleurs aggravé l'état économique du pays: 30 % des Algériens sont au chômage et 80 % des chômeurs ont moins de 30 ans. L'Algérie de Bouteflika ne supporte pas la contestation des journaux indépendants, ni la liberté de culte. Dans son optique de rallier à lui l'islamisme, le dictateur attise la haine contre les Kabyles convertis au protestantisme évangélique et se montre très prévenant envers les constructeurs de mosquées. L'État algérien a condamné en 2008 à la prison une jeune femme de 30 ans qui avait une Bible sur elle. Le révérend Hugh Johnson, responsable de l'Église protestante d'Algérie, a été expulsé du pays.

Il fallait lire dans la presse française les commentaires naïfs des Algériens vivant en France: ils allaient voter pour "Boutef", le dirigeant bien-aimé de son peuple ! Alors qu'on apprend que le magazine L'Express a été interdit dans toute l'Algérie pour "violation des valeurs nationales" (en fait, un article critique sur le récent scrutin qui s'annonçait stalinien), on est heureux de vivre dans un pays qui permet la liberté d'expression.

Une presse libre: voilà une nécessité démocratique qui apparaît comme un luxe pour l'Algérie du gras président Bouteflika.

# Posté le vendredi 10 avril 2009 08:20

Modifié le samedi 13 juin 2009 05:11

Lettre ouverte à ceux qui critiquent le Pape depuis leur fauteuil

Lettre ouverte à ceux qui critiquent le Pape depuis leur fauteuil
Vous avez été choqué. Vous avez été indigné, furieux des propos de ce vestige vivant du Moyen-Âge, pourquoi ?

Interrogé par les journalistes qui l'accompagnaient pour son premier voyage en Afrique, le Pape Benoît XVI déclarait dans l'avion qui l'emmenait au Cameroun le 17 mars: "On ne peut pas résoudre le problème du Sida par la distribution de préservatifs: cela aggrave le problème". Formulée ainsi, cette condamnation du préservatif a été suivi par un tsunami de protestations: de la rubiconde ministre de la santé ("contre-vérité absolue") au bouffon Daniel Cohn-Bendit ("on en a marre de ce pape") en passant par le méprisant Alain Juppé ("ce pape pose un problème")... Le ton employé par les médias a été extrêmement violent contre le Pape, qui n'est pas n'importe qui ; beaucoup de titres de journaux et de photomontages sont tellement grossiers qu'ils discréditent leurs auteurs. Ce qu'on oublie de préciser, c'est que la phrase du Pape n'a pas été rapporté dans son contexte intégral (voir la totalité des propos de Benoît XVI sur http://fjb.blogs.com/ ou sur http://www.lefigaro.fr/), qui rend un son bien différent. Une fois encore, la machine médiatique s'est emballée, prouvant que l'écrit et la réflexion posée et réfléchie vaudra toujours mieux qu'Internet et le bouche-à-oreille. Et toutes les personnalités politiques qui ont rejoint le ch½ur des vierges effarouchées ont violé la loi de 1905, qui sépare l'Église de l'État. Mr Juppé mériterai ainsi une nouvelle petite procédure judiciaire...

Pourquoi nous autres petits bourgeois occidentaux riches, nous nous permettrions de penser à la place des Africains ? Peut-être faut-il leur demander leur avis, non ? Ce que vous n'arrivez pas à admettre, c'est le fait que 60 000 personnes soient venues acclamer le Pape à Yaoundé et plus de 500 000 à Luanda: si insulter Benoît XVI est le dernier sport à la mode dans notre belle France libérée (après tout, on ne risque rien...), j'ose croire que tous ces gens rassemblés sous le soleil africain se moquent de vos considérations.

Voilà ce que dit l'archevêque de Dakar: "Je demande aux Occidentaux de ne pas nous imposer leur unique façon de voir. Dans des pays comme le nôtre, l'abstinence et la fidélité sont des valeurs vécues et nous pensons qu'elles contribuent à la prévention du Sida".

Le président (musulman) du Burkina Faso - où 130 000 personnes sont infectées- Blaise Compaoré remarquait déjà en 2005: "En Europe, vous avez peut-être le loisir de formuler des thèses pour ou contre la morale. Au Burkina, nous n'avons pas le temps. Et ici, le travail du prêtre et de l'imam est apprécié, (...) l'Église n'a pas le monopole de l'abstinence. (...) Certains critiquent la position de l'Église, soit. Mais la plupart n'ont jamais mis les pieds chez nous ! (...) Se focaliser sur le préservatif, c'est passer à côté du problème du Sida."
Les Burkinabés ne font que prendre exemple de l'Ouganda, qui a vu son nombre de malades du Sida diminuer considérablement grâce à des mesures sanitaires ACCOMPAGNÉES de campagnes de prévention contre la polygamie et le vagabondage sexuel et pour l'abstinence et la fidélité. Je n'invente rien, pour les St Thomas, voir http://www.afrik.com/article7456.html

Or, qu'a dit le Pape ? Que le préservatif seul ne pourrait pas enrayer le virus s'il n'était pas assisté d'un changement des m½urs. Il n'a jamais prétendu que la capote était absolument interdite ! Et il a réaffirmé qu'il fallait aider les malades: qui d'entre-vous, nouveaux enfants de ch½ur de l'idéologie "Tout est permis-Ni Dieu ni maître", sait que Benoît XVI a demandé au président du Cameroun la gratuité pour les malades du Sida ? Et qui sait aussi que l'Église catholique représente 25 % de l'aide mondiale à la lutte contre ce fléau, grâce à ses structures hospitalières ?

Vous feriez mieux de vous pencher sur la doctrine de l'Eglise, qui prône une éducation sexuelle responsable.

Une éducation sexuelle responsable, c'est un idéal chrétien selon lequel le don de si entre deux personnes est entier et total dans un amour durable. C'est le job du Pape de promouvoir cet état d'esprit. Benoît XVI ne cherche pas à plaire, il se porte seul et à contre-courant là où il estime que des valeurs importantes sont menacées.

Bien à vous,

# Posté le samedi 28 mars 2009 18:44

Modifié le samedi 28 mars 2009 18:54

Welcome NATO, goodbye freedom !

La France est de retour dans le commandement intégré de l'OTAN, outil de la globalisation américaine, achevant ainsi le processus atlantisme ouvert par Jacques Chirac à la fin des années 1990.

Ce qui était un principe de notre politique étrangère viens de disparaître, sous les applaudissements des pseudos-centristes ralliés à Sarkozy, des épouvantails médiatiques Henri-Lévistes et des BCBG béats, qui s'enfuiront à New York dès que la menace d'un putsch islamiste pointera son nez en France.

(Intervention l'Assemblée nationale de Dominique Souchet, ex-conseiller au Quai d'Osray et député souverainiste).

# Posté le samedi 21 mars 2009 14:34