Retour sur un fiasco

Les 18 et 19 août 2008, une patrouille de l'armée française composée d'un centaine d'hommes appartenant en majorité au 8e régiment parachutiste d'infanterie de marine, s'engage dans la vallée d'Uzbeen, à la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan. L'objectif de la patrouille est de débusquer d'éventuels rebelles talibans.

Vers 15 h 30, les premiers éléments français sont pris pour cibles par des insurgés retranchés sur les crêtes. Armés d'un matériel soviétique performant : fusils de sniper SVD Dragunov, fusils d'assaut AK-47 et lances-roquettes RPG-7, les Talibans coupent la colonne en deux et tente de réduire les deux poches françaises par encerclement. Les combats sont acharnés. Dès 16 h, un appui aérien est demandé d'urgence auprès de l'aviation américaine, qui ne peut pas bombarder la zone car Français et Talibans sont trop proches les uns des autres, une man½uvre tactique des Talibans qui avaient anticipé la riposte aérienne. Jusque tard dans la soirée, les Français seront harcelés sans relâche et à bout portant par l'ennemi. Le lendemain, les Talibans décrochent, et la patrouille évacue la vallée. Les soldats français auront fait face avec courage et professionnalisme.

Pendant les combats, 10 soldats du 8e RPIMa ont été tués, dont plusieurs égorgés par les Talibans et dépouillés de leur armement et de leurs uniformes. 21 autres sont blessés, et l'interprète afghan qui les accompagnait, capturé, est retrouvé égorgé et mutilé dans la vallée. Pour l'opinion française alors en pleine vacance, chez le choc. Le 20 août, Nicolas Sarkozy se rend à Kaboul auprès des 3000 militaires français. Le lendemain, des obsèques nationales sont organisées à l'hôtel des Invalides à Paris en présence des familles, du gouvernement, de l'état-major et des aumôniers militaires catholique et protestant. Les dix tués sont faits chevaliers de la légion d'honneur à titre posthume. Le président Sarkozy proclame: "Nous n'avons pas le droit de perdre là-bas".

Le conflit afghan dans lequel la France est engagée dure depuis 1979: à l'époque, l'Afghanistan est une fragile république d'Asie qui s'est dotée d'un régime communiste pro-soviétique. Confrontées à une révolte islamiste, les autorités de Kaboul demandent l'aide de l'URSS, qui intervient massivement: plus de 50 000 soldats de l'Armée rouge pénètrent en Afghanistan. Les États-Unis voient immédiatement le danger que représente la présence de chars soviétiques à proximité du Golfe persique, riche en pétrole. La C.I.A. décide alors de financer, avec l'aide du Pakistan voisin et de l'Arabie Saoudite, les réseaux musulmans extrémistes qui luttent contre l'envahisseur communiste athée... Les rebelles disposent vite de missiles Stinger, qui déciment les hélicoptères russes, tandis que la guérilla harcèle les troupes au sol. Finalement, l'Armée rouge se retire en catastrophe en 1989, deux ans avant l'effondrement de l'URSS.

La guerre civile se poursuit pourtant, entre le régime de Kaboul et les différents chefs de la rébellion. Lorsqu'en 1992, le président communiste Nadjibullah est trahi par ses officiers, qui livrent la capitale aux insurgés, le pays plonge dans le chaos. Les ethnies turkmènes, ouzbeks et pachtounes s'entre-tuent, sur fond de trafic d'héroïne. En 1996, soutenu par le Pakistan, le mollah (prédicateur) Omar, chef spirituel des Talibans, partisans d'un Islam fondamentaliste, prend le pouvoir à Kaboul. Ses hommes torturent et tuent Nadjibullah, et instaurent une dictature religieuse, basée sur la Charia. Les femmes n'ont aucun droit, et les libertés individuelles sont inexistantes. Les Talibans bénéficient du financement des États arabes. Ils accueillent en 1998 Oussama Ben Laden, chef de l'organisation terroriste Al Qaïda, qui revendique un Islam pur.

En 2001, les attentats du World Trade Center entraînent la déclaration de guerre par les U.S.A. à Ben Laden, qui avais pourtant été aidé par les Américains pendant la guerre contre les Russes ! Comme les Talibans (eux-mêmes des créatures de la C.I.A.) refusent de livrer le leader terroriste, les États-Unis et leurs alliés bombardent l'Afghanistan et y envoient des troupes. Kaboul est rapidement sous contrôle, et un gouvernement fantoche dévoué aux nouveaux occupants et mis en place. Mais le mollah Omar et Ben Laden demeurent introuvables. La France de Jacques Chirac est restée hors du conflit.

La situation change dès 2002: grâce à la complicité des populations vivant sur la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan, les Talibans reconstituent leurs forces rapidement et lancent des opérations de guérilla. Malgré le succès de l'opération aéroportée Anaconda, les U.S.A. sont contraints de demander un plus fort engagement militaire de leurs alliés. La Grande Bretagne (8000 hommes) et la Hollande (6 000 hommes) envoient de forts contingents ; la France suit, et installe une base de 2000 soldats à Kaboul, renforcée début 2008 par l'envoi d'un millier d'hommes supplémentaires décidé par Nicolas Sarkozy. La stratégie des dirigeants français est un strict alignement sur les décisions américaines. Washington ne compte en aucun cas quitter l'Afghanistan sans avoir vaincu une rébellion qu'ils ont autrefois crée de toutes pièces. Or, le conflit est clairement dans une impasse: si la majorité de la population est lasse de la guerre, elle bascule très paradoxalement dans le camp des Talibans, vus comme de bons musulmans qui se battent contre l'étranger. A la supériorité technologique des Alliés se heurtent les difficultés naturelles du pays, vaste ensemble de montagnes impraticables, et le savoir-faire de l'ennemi en matière de guérilla.

L'entêtement des hommes politiques français quant à cette guerre paraît explicable dans la logique d'une alliance privilégiée avec les États-Unis. L'embuscade de l'été dernier a en outre renforcé une sorte de fierté nationale qui met un point d'honneur à tenir le cap... Mais avec quoi ? L'armée française ne dispose pas des mêmes moyens que ses autres partenaires. Le manque de munitions, d'hommes et de matériels se fait cruellement ressentir. Par ailleurs, nombreux sont les militaires qui font remarquer le mépris affiché par les politiciens de Paris à leur égard. Nicolas Sarkozy, qui a bâclé son service militaire grâce à une combine quand il était jeune élu RPR, n'a aucune considération pour l'armée et bafoue ouvertement le respect d'un chef d'État à ses troupes. Non content de susciter une "mini-révolte" dans le corps des officiers par sa politique inexplicablement sévère (voir cet article), il traite les généraux d'"incapables" et d'"amateurs" devant le peuple et préfère aller décorer Christian Clavier plutôt que de saluer les familles des victimes militaires... Comble du dégoût, il a ostensiblement ricané lors de son discours du 20 août 2008 à Kaboul en évoquant le sort de la patrouille attaquée !

Parmi la bonne société de droite, c'est la stupeur. A Versailles, à Nancy et à St Cyr Coëtquidan, la quasi-totalité du corps des officiers avait pourtant vu en Sarkozy l'homme providentiel en 2007. Il fallait voir la joie non dissimulée de ces catholiques patriotes en évoquant ce président si brillant et si convaincant, relayée par les chroniqueurs de la droite bourgeoise dans Le Figaro, Spectacle du Monde et Valeurs actuelles... Le comportement choquant de leur champion a secoué plus d'un ! Comment ont-ils pu faire confiance envers un homme qui n'a aucun sens de la carrière des armes et totalement dénué de la sobriété élégante de ce milieu où noblesse oblige ? Encore un électorat trahi par le chef de l'État, qui risque de payer ses insultes envers la communauté militaire au prix fort quant les prochaines élections auront lieues, malgré la loyauté de la haute bourgeoisie.

On peut enfin s'interroger sur l'avenir de ce conflit. Un retrait militaire français, bien que réclamé à corps et à cri par une poignée de députés communistes et par l'outsider de droite Nicolas Dupont-Aignan, est hors de question. La France ne doit d'abord pas capituler devant une poignée de rebelles fanatiques. Il y va de l'honneur de notre armée. De plus, l'abandon de l'Afghanistan aux Talibans aurait des effets désastreux: le pays deviendrai un foyer du terrorisme islamique, qui menacerai l'équilibre de la région, tandis que les extrémistes seraient encouragés dans leur succès contre l'Occident. "A côté de ça, Gaza sera un ball-trap" prédit Maurice G. Dantec.

Cependant, une vision réaliste s'impose. Le général Mark Carleton-Smith, commandant les forces anglaises à Kaboul, juge impossible pour les forces occidentales de gagner la guerre contre les Talibans. "Nous n'allons pas gagner cette guerre. Il s'agit de la réduire à un niveau d'insurrection contrôlable, ne constituant pas une menace stratégique et pouvant être géré par l'armée afghane", précise-t-il. Le pragmatisme britannique est saisissant. Il implique un strict combat contre les Talibans autour des centres stratégiques, alors qu'un foyer de la rébellion serait épargné en zone rurale, sans risque majeur. Cette situation existe d'ailleurs dans de nombreux pays du monde, comme le Sénégal, le Laos ou le Pérou, où subsistent des guérillas réelles, mais trop faibles pour mettre en péril le pouvoir en place. D'ici la mise en place de cette stratégie si elle a lieue, le chantier est immense.


# Posté le vendredi 23 janvier 2009 17:26

Modifié le vendredi 23 janvier 2009 18:48

Voyage au bout de l'enfer

Voyage au bout de l'enfer
Alors que les nations occidentales se félicitent de l'investiture de Barack Obama, la guerre ravage le c½ur de l'Afrique noire, sur fonds d'exactions, de fanatisme religieux et de rivalités entre grandes puissances. Le conflit qui touche actuellement le Congo RDC, l'Ouganda et le Rwanda risque de s'étendre et d'impliquer d'autres États africains.

Les évènements tragiques africains trouvent leurs racines dans les anciennes guerres des années 1994-1997, qui ont vu se succéder le génocide du Rwanda et la chute du maréchal Mobutu, qui gouvernait le Zaïre (aujourd'hui République démocratique du Congo) d'une main de fer depuis 1965. Ce nouveau conflit a connu plusieurs phases.

Acte I : la rébellion de Nkunda

En mai 2007, un général de l'armée congolaise, Laurent Nkunda, refuse de reconnaître l'autorité du président de la RDC, Joseph Kabila, qui a succédé à son père en 2000 à la tête de l'État. Nkunda prétend être le porte-parole de l'éthnie tutsi, majoritaire dans l'Est du Congo, au Rwanda et en Ouganda, qui se heurte à l'hostilité des autres ethnies congolaises. Après l'échec d'une offensive gouvernementale en décembre 2007 pour le neutraliser, le général Nkunda se mutine et prend le maquis avec la quasi-totalité de ses troupes. La guérilla de Nkunda remporte plusieurs succès et menace la ville de Goma, important centre urbain stratégique de l'Est de la RDC. Les troupes de l'homme fort de la rébellion mettent la région à feu et à sang, massacrant les populations civiles, et sont déployées dans les zones où sont concentrées les mines de coltane.

En effet, la République démocratique du Congo regorge de minerais stratégiques – cuivre, cobalt, or, diamants, uranium, coltane, cassitérite – qui attisent les convoitises de l'ensemble des puissances industrielles.

Acte II: les alliances internationales

La mainmise sur les mines à ciel ouvert de coltane sont alors une priorité de premier ordre pour les belligérants. Chaque camp sollicite un protecteur: Joseph Kabila est soutenu par l'Union européenne et la Chine ; Nkunda est aidé par le Rwanda voisin et... la CIA américaine, qui lui fournit un équipement de pointe. Fort de cette puissance de feu, le général rebelle enfonce l'armée congolaise, dont les officiers corrompus protègent avant tout leurs luxueuses propriétés de brousse, malgré la complicité ambigüe de la force de paix multinationale, la MONUC. Le brouillard diplomatique nourri par les initiatives du ministre français des Affaires étrangères n'aboutit à aucun accord de paix, alors que le sanguinaire Nkunda poursuit son offensive en novembre 2008, poussant devant lui des milliers de réfugiés qui fuient la cruauté des rebelles. Il s'avère que l'attaque aura lieue peu après la signature d'un contrat militaire entre la Chine et la RDC, ce qui peut supposer l'implication américaine auprès de la rébellion.

Acte III: la LRA ougandaise

Pays voisin de la RDC et du Rwanda, l'Ouganda est une ex-colonie britannique de religion anglicane qui cherche à s'affirmer en tant que puissance régionale. Or, depuis 1989, l'Ouganda est confronté à la guérilla fondamentaliste protestante de l'Armée de résistance du Seigneur. La LRA, dont le chef Joseph Kony se présente comme l'envoyé de Dieu, entend renverser les autorités pour mettre en place un régime basé sur les Dix Commandements de la Bible. Plus de 40 000 enfants ont été enrôlés de force dans cette "armée" et utilisés comme chair à canon et esclaves sexuels.

Longtemps impuissante devant l'étendue de la révolte, l'armée ougandaise a décidé de passer à l'action, en lançant une vaste offensive en janvier 2009. A l'heure où j'écris ces lignes, la LRA, réduite à mille hommes, fuit à travers le Nord de la RDC, avec l'intention de se réfugier en République Centrafricaine, où ils pourraient menacer les 300 militaires français déployés sur place.

Acte IV: l'impasse

Grâce aux organisations de défense des droits de l'homme, on connaît en Occident l'existence de massacres commis par les soldats de la LRA: ceux-ci attendent que les villageois congolais se rassemblent le jour du culte pour attaquer leurs villages, violant, brisant les crânes, mutilant et pillant et enlevant les enfants. L'étendue des atrocités n'émeut pourtant pas la communauté internationale. Celle-ci est plus préoccupée par le putsch qui viens d'éclater au sein de la rébellion congolaise: Laurent Nkunda a en effet été destitué par ses adjoints, qui rejoignent petit à petit les rangs de l'armée gouvernementale... Ce volte-face s'explique par le fait que le Rwanda, fournisseur de la guérilla, a décidé de se débarrasser de ce trop bouillant général en se réconciliant avec la RDC, alors que les États-Unis sont trop occupés par la crise palestinienne pour agir.

La realpolitik se poursuit tranquillement en Afrique, au prix de centaines de milliers de victimes et du pillage des ressources naturelles de ce contient, le tout cautionné par les puissances européennes, qui ont visiblement abandonné tout espoir de voir la démocratie l'emporter dans ces régions...

# Posté le jeudi 22 janvier 2009 14:03

La majesté de la démocratie

La majesté de la démocratie
En prêtant serment sur la Bible (to swear on the Holy Bible) le 20 janvier 2009 devant environ deux millions de personnes massées sur la Freedom Plazza, à Washington, Barack Obama est devenu solennellement le 44ème président des États-Unis d'Amérique.

Toute la portée historique de l'évènement était à la hauteur de cette cérémonie grandiose. Il faut reconnaître aux Américains leur goût insatiable pour la démocratie, qui s'incarne dans un faste patriotique qu'on ne trouve certainement pas en France !

La cérémonie était bénie par le pasteur évangélique Rick Warren, qui a prié pour le nouveau président. Dans son discours prononcé depuis les marches du Capitole, Barack Obama a averti ses compatriotes: «Les challenges sont nombreux, et ils sont sérieux». Crise économique, guerres en Irak et en Afghanistan, réchauffement climatique... Ces problèmes, a expliqué le président, sont «nouveaux, et il faudra des outils nouveaux» pour les régler. Mais, a-t-il martelé, «les valeurs nécessaires pour le faire sont anciennes: générosité, humilité, travail, respect». Évoquant tout au long de son discours les Pères fondateurs, il a appelé le pays à «s'unir dans une nouvelle ère de responsabilité».

Malgré cet évènement historique, il faut se garder de tomber dans l'adoration béate des médias internationaux. La mauvaise foi des journalistes français, improvisés chroniqueurs people pour l'occasion, est à ce titre assez énorme: à les entendre, Obama a été élu parce qu'il était noir ! C'est lui amputer sa personnalité et ses idées politiques. Enfin, en sous-entendant que la France n'est pas prête à se doter d'un chef d'État antillais ou malien, ils oublient que Gaston Monerville, président du Sénat sous De Gaulle, et donc seconde autorité de la République, était un petit-fils d'esclave noir !

# Posté le jeudi 22 janvier 2009 12:41

Modifié le jeudi 22 janvier 2009 13:02

Ladies first

Ladies first
"Ce que femme veut, Dieu veut"

Notre société, machiste, voire phallocrate et dominée par les hommes ? Allons donc, dans un monde où le combat pour l'égalité des sexes progresse, malgré le contraste flagrant entre les pays occidentaux et le reste du Monde, l'actualité sera féminine. Portrait de quatre femmes qui vont marquer 2009.


Caroline Kennedy: l'héritière

Née en 1957, cette brillante écrivain, éditeur et avocate, est la fille de feu le président John F. Kennedy assassiné en 1963, elle est également l'unique survivante directe de l'ancien chef d'Etat, son frère John F. Kennedy Jr étant décédé dans un accident d'avion. C'est sur ses épaules que reposent les espoirs d'avenir du clan familial, qui perpétue une tradition démocrate et catholique.

Le 28 janvier 2008, elle annonce dans une tribune publiée dans le New York Times sous le titre "Un président comme mon père", qu'elle soutiendrait Barack Obama pour l'élection présidentielle américaine. Cette adoubement symbolique a pesé lourd lors de l'investiture démocrate. Candidate à la succession de Hillary Clinton au poste de sénateur de l'État de New York, elle marche dans les pas de son père.

Tzipi Livni: la pragmatique

La candidate au poste de Premier ministre en Israël a déjà fait parler beaucoup d'elle en ce début d'année. Née à Tel Aviv en juillet 1958, cette ancienne agent du Mossad (les services secrets israéliens), juriste de formation a connue une rapide ascension politique. Élue députée en 1999, elle est ministre dans le gouvernement d'Ariel Sharon en 2002. En 2006, elle est classée comme la 40e femme la plus puissante au monde par le magazine Forbes. En 2008, elle est élue chef du parti politique centriste Kadima.

Lors qu'elle posa sa candidature, fin 2008, la presse occidentale s'extasia devant cette femme au discours modéré, et suggéra qu'elle serait un très bon Premier ministre à côté du travailliste Ehud Barak et du nationaliste Benyamin Netanyahou (tous les deux ont, de plus, déjà été Premiers ministres et n'ont pas laissé un souvenir grandiose).

Pourtant, les espoirs de voie en elle une colombe ont été balayées lorsqu'elle a soutenu activement, en tant que chef actuelle de la diplomatie, l'offensive israélienne sur Gaza. De fait, Lipzni n'a rien d'une pacifiste: elle partage avec 90 % de ses concitoyens la même vision du grand Israël promis dans la Torah. Mais surtout, elle sait que les élections sont proches, et qu'il vaut mieux jouer la carte guerrière plutôt que de laisser le monopole de la "chasse aux terroristes" à Netanyahou, d'ailleurs ami personnel du président français Nicolas Sarkozy...

Ioulia Tymochenko: la joueuse

Alors que l'Ukraine et la Russie entament un nouveau bras de fer autour de la question du gaz, tous les regards se tournent vers Ioulia Tymochenko, accusée de servir les intérêts russes.

De fait, le parcours de la femme la plus influente de cette partie de l'Europe, aux confins de l'ex-URSS, est chaotique. Née en 1960 à Dnipropetrovsk en Ukraine, elle est devenue la directrice de gestion de la société Ukrainian Oil Corporation (UOC) en 1991. Son rang dans le patronat énergétique ukrainien lui permet de faire fortune et de se créer un important réseau de connaissances. Elle gagne un surnom ; la « princesse du gaz ». Pendant les années 1990, elle se forge une réputation de femme d'affaires intraitable, mais aussi d'oligarque vite corrompue et liée à la mafia.

En 2004, elle saisit l'opportunité de se rallier à la Révolution orange, lançée par Viktor Iouchtchenko contre le régime pro-russe en place. L'année suivante, elle est Premier ministre dans le nouveau gouvernement. Sa célébrité dépasse les frontières de l'Ukraine, et les médias s'intéressent à elle. Le magazine Forbes l'élit femme la plus influente dans le monde.

Mais très vite, "l'ange" de la Révolution affiche ses ambitions. A l'origine pro-occidentale, comme Ioutchenko, elle finit par quitter son gouvernement, devenu de plus en plus instable, pour s'allier au rival direct du président, le leader pro-russe Viktor Ianoukovic... Quel rôle jouera-t-elle dans les mois à venir ?

Marine Le Pen: la Jeanne d'Arc

La fille de Jean-Marie Le Pen voit dans l'année 2009 et les élections européennes qui se joueront en juin comme la consécration de sa conquête du pouvoir entamée voici dix ans, peu après le schisme de Bruno Mégret.

En 1999, Marine Le Pen, aidée par le N°3 du parti (et son beau-frère) Samuel Maréchal, avait largement poussée son père à réprimer toute tentative de modernisation du Front national, considéré comme une propriété privée de la famille Le Pen. De cette crise, le FN ne s'est jamais relevé. Débarrassée de Mégret, bientôt marginalisé et contraint à quitter la France, Marine s'activa à verrouiller le parti en remplaçant les autorités sortantes par des hommes de sa main ou par des anciens collaborateurs de Le Pen vite ralliés à son panache personnel, comme Jean-Michel Dubois, trésorier du Front.

Marine Le Pen, divorcée trois fois et dotée d'un caractère instable, ne correspond pas à l'idée que se fait l'électeur traditionaliste du FN d'un leader, d'autant qu'elle est favorable, entre autres, à l'euthanasie, à l'avortement et à l'immigration contrôlée ! Beaucoup murmurent dans les couloirs du parti que ses prises de position contraires à l'idéologie de départ frontiste ont provoqué l'échec de Jean-Marie Le Pen en 2007. Qu'importe ! Marine a officiellement reçue l'adoubement paternel (qui lui avait été donné depuis toujours) pour prendre les rênes du Front national, au grand désarroi de Carl Lang et Bruno Gollnisch, serviteurs de Le Pen dévoués, qui se trouvent bien mal récompensés de leur dévouement aveugle !

Le scrutin de juin sera capital. Tête de liste dans le Nord, où elle est confrontée à une candidature dissidente de Carl Lang, Marine n'a pas droit à l'erreur. Si elle est élue, elle aura la légitimité nécessaire pour s'emparer définitivement du parti. Si elle échoue et que, même si cela paraît bien improbable, son dernier rival Gollnisch s'en sort honorablement, tout sera à recommencer.


"La femme est le chef d'½uvre de Dieu, et elle a le diable au corps !"

# Posté le vendredi 09 janvier 2009 15:20

Modifié le vendredi 23 janvier 2009 20:18

Bonne année !

Bonne année !
Bonne année à tous et à toutes ; meillieurs voeux !

blagounette pour commencer cette nouvelle année:

En pleine cambrousse française, Mme Badelaptte intente un procès à Mr Dupont pour l'avoir traitée de truie. Mr Dupont perd le procès. Il se tourne vers le juge: "Si j'ai bien compris, je n'ai plus le droit d'appeler Mme Badelapatte une truie...
- C'est cela.
- Mais alors puis-je surnommer une truie Mme Badelapatte ?
- Euh... Oui, personne ne vous l'interdit
."
Mr Dupont quitte la salle d'audience et se tourne vers la plaignante: "Au revoir Mme Badelapatte!"

# Posté le mercredi 31 décembre 2008 20:44

Modifié le mardi 06 janvier 2009 15:51